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Lettre du Baron Fain refusant une demande de visite au Maire de Chantilly



"un document manuscrit amusant, une lettre du baron Fain (secrétaire de Louis-Philippe, qui a eu un appartement au Grand Trianon) refusant une demande  de visite du château de Versailles au maire de Chantilly. 
L.S - 9 mai 1836, sl
1p in-4 - (20.5x25.5cm env.)
Adressée à M. Royer, Maire de Chantilly
" .................... mais les travaux qui s'exécutent en ce moment,
ne permettent pas de laisser visiter le Palais de Versailles, et on n'accorde
la permission d'y entrer à personne.
etc .... "

Ce document est une lettre manuscrite datée du 9 mai 1836. Rédigée par un secrétaire, elle porte l’entête du cabinet de l’Intendant général de la Liste civile. Cette haute fonction était alors occupée par le baron Agaton Jean François Fain (1778-1837), le signataire de notre lettre. Il s’agit d’une réponse écrite au maire de Chantilly, Charles Jean Désiré Royer [i], auquel le baron Fain oppose ici un refus net à sa demande de visite du château de Versailles.

Deux administrations se partageaient la gestion des fonds et domaines royaux sous Louis-Philippe : l’administration du domaine privé, et l’Intendance Générale de la Liste Civile. Cette dernière incluait Versailles dans sa dotation immobilière. Le baron Fain exerça à deux reprises la fonction d’Intendant Général de la Liste Civile. Tout d’abord du 10 novembre 1830 au 2 octobre 1832, puis du 22 février au 6 septembre 1836. Ancien secrétaire et archiviste de Napoléon 1er, il était également depuis 1830 le premier secrétaire du Cabinet du roi.

Le musée d’Histoire de Versailles était en cours d’aménagement lorsque l’administration de la Liste Civile lui fut de nouveau confiée en février 1836, époque à laquelle son fils Camille (1799-1851) [ii] fut appelé pour lui succéder en tant que premier secrétaire auprès de Louis-Philippe. La demande de visite du maire de Chantilly intervenait donc au moment où les travaux de transformation de l’ancienne résidence royale en musée étaient en pleine effervescence. Si le baron Fain ne justifia que brièvement son refus, il prit toutefois le soin de préciser qu’ «on n’accorde la permission d’entrer à personne ». Ces deux derniers mots, soulignés d’un trait volontaire, excluaient sans équivoque toute possibilité de dérogation individuelle.

Qu’il fût élu municipal ou non, nul n’était admis à visiter le grand chantier architectural et muséographique qui marquait le début du règne de Louis-Philippe !

[i] Charles Jean Désiré Royer (né en 1784) fut maire de Chantilly de 1830 à 1837. Il était le frère du journaliste, librettiste et auteur Alphonse Royer (1803-1875), Directeur du théâtre de l’Odéon, puis de l’Opéra de Paris

[ii] Camille Fain disposa à cette occasion d’un petit appartement dans l’aile gauche du Grand Trianon, proche de celui où Louis-Philippe avait décidé de s’installer.

Don de Didier Doré aux Archives du château de Versailles par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles.