Mécénat

Participer à une opération



Carte pour visiter le palais de Versailles et de Trianon



Une carte pour visiter (avec sa famille) les palais de Versailles et de Trianon, "lorsque LL MM n'habitent pas le Palais". Émanant de la Maison de L'Impératrice, via le Service de l'Empereur (Napoléon III).

Ce document est une carte émise par le ministère d’Etat et la Maison de l’Empereur (Napoléon III) autorisant son détenteur, dont le nom a été laissé en blanc, à visiter « avec sa famille » les palais de Versailles et de Trianon.

Elle est signée du ministre d’Etat et de la maison de l’Empereur Achille Fould (1800-1867), qui occupa cette fonction du 14 décembre 1852 au 23 novembre 1860.

L’enveloppe d’expédition ayant été conservée, nous savons donc que cette autorisation de visite fut accordée à une certaine Madame Michelet, résidant 174 Faubourg Saint-Denis, à Paris. Elle porte la marque de franchise postale rouge « Service des Contre-Seings » en date du 23 décembre, mais sans précision de l’année. [i]

Sachant que cette marque ne fut utilisée qu’à partir de 1857, et que le signataire de la carte Achille Fould quitta ses fonctions en novembre 1860, l’on peut donc dater cette expédition du 23 décembre 1857, 1858 ou 1859.

Les guides de voyage de l’époque recommandaient à quiconque souhaitait visiter les palais et les établissements impériaux d’en faire au préalable la demande écrite au ministre de la maison de l’Empereur. Car si l’accès aux jardins et parcs était libre, l’entrée dans les palais était souvent suspendue à une autorisation. C’était notamment le cas à Versailles, pour tous ceux qui désiraient visiter le Petit Trianon. [ii]

Cette carte d’admission n’était utilisable qu’une seule fois, « lorsque Leurs Majestés n’habitent pas le Palais », est-il bien précisé. La condition de l’absence du couple impérial dans la plupart des palais résidentiels ouverts à la visite (Tuileries, Fontainebleau, Compiègne …) fut rarement opposée aux visiteurs de Versailles et de Trianon. Car ces palais ne furent jamais habités stricto sensu, sinon occupés très occasionnellement, lors des réceptions officielles notamment. La plus mémorable à laquelle Versailles ait servi de cadre sous le Second Empire fut sans aucun doute la fastueuse réception donnée en l’honneur de la reine Victoria (1837-1901) en août 1855.

[i] L’enveloppe porte également le cachet bleu du « Service de l’Empereur (Maison de l’Impératrice) », et au dos, celui du Secrétariat des commandements de l’Impératrice.

[ii] « Les jardins du petit Trianon sont ouverts tous les jours au public ; mais le château ne se visite pas sans une permission qu’il faut demander par écrit au ministre de la maison de l’Empereur ou à l’adjudant des palais impériaux aux Tuileries. » Le grand Trianon était ouvert tous les jours au public, cependant on n’en visitait les appartements qu’accompagné par un gardien. Au château, l’accès aux salles du Musée d’Histoire était libre. (Source : Adolphe Joanne, Les environs de Paris illustrés.)

Don de Didier Doré aux Archives du Château de Versailles, par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles.