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Mécénat

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Secrétaire à abattant de la chambre du Petit Appartement de la Reine à Versailles



Jean-Henri RIESENER, 1784

Chêne, résineux, hêtre, placage d'acajou, cuir, bronze doré, tablette en marbre blanc veiné

V 5118

Estampille J.H.RIESENER sur le montant droit en haut à droite à l'extérieur

Au pinceau : Du.n° /3338 au dos du meuble et du.N° /3338 sous le marbre

H. 140 ; l. 102 ; P. 44 cm

Provenance : Collections Earl of Rosebery

Acquis en 1977 . Participation de la Société des Amis de Versailles

 

Pendant l'hiver 1783, Marie-Antoinette obtenait qu'un petit appartement lui soit dévolu dans le château, à l'instar du Roi, jusqu'alors le seul à jouir d'un tel privilège. Aménagé au rez-de-chaussée de la Cour de marbre dans l'ancien appartement de feue Madame Sophie, sous la Chambre de Louis XIV et le cabinet du Conseil, il devait être prêt dans des délais très courts.

Pour la chambre, la commande d'un mobilier d'acajou fut passée par l'administration du Garde-Meuble, à Riesener le 17 mars 1784 par le biais de Bonnefoy-Duplan, garde-meuble de la Reine : « Ordre n° 44. Du 17 mars 1784. Riezener fera très promptement pour être placés au nouveau logement de la Reine à Versailles Une commode Un secretaire en bois d'acajou Une encoignure Le tout sera revêtu de bronzes simples pour assortir aux autres ebenisteries qui sont dans la Chambre et le Cabinet. M. Riezener se transportera à Versailles pour prendre les mesures et s'adressera à M. Bonnefoy demain 18 s'il luy est possible. »

Moins de deux mois plus tard, les meubles étaient enregistrés dans le Journal du Garde-Meuble « 3338. ? Un secrétaire en Armoire de bois d'acajou moucheté de 3 pieds de large sur 15 pouces de profondeur et 4 pieds 4 pouces de haut composé intérieurement de 4 Cages et 4 Tiroirs fermants à Clef, avec l'Ecritoire de 3 pièces argentées garni de maroquin noir. La partie d'en bas composé d'un coffre fort fermé par une Clef particulière, un grand Tiroir en haut qui forme la frise le tout de bois d'acajou moucheté poly comme marbre, orné de rosettes moulures Rainceaux et plusieurs cadres qui environnent led. Secrétaire et les panneaux ainsi qu'une frise des entrées de Serrure Sabots et anneaux le touts de bronze Ciselé et doré d'or moulu. Le dessus de marbre blanc veiné? »

La livraison manquait d'homogénéité puisque les piétements et les ornements de bronze différaient d'un meuble à l'autre. Vraisemblablement Riesener s'était réservé l'exécution de la commode, aux chutes des montants en consoles caractéristiques et aux forts sabots en feuilles d'acanthes, alors que le secrétaire, beaucoup plus simplement orné, et somme toute plus conforme aux spécifications de la commande, avait dû être sous-traité auprès d'un confrère. Un détail renforce cette hypothèse : l'estampille de Riesener est apposée, visible, sur le placage d'acajou, au haut du montant arrière droit.

Ceci est confirmé par la livraison, le même jour 15 mai puis le 3 juin, de deux secrétaires à cylindre, enregistrés dans le Journal du Garde-Meuble sous les numéros 3340 et 3341, et qui portent, outre l'estampille extérieure de Riesener, celles de Richter ou de Bircklé. Cette hypothèse est corroborée par les caractéristiques de construction du secrétaire à abattant, étrangères à la production de Riesener, et la présence probable d'une autre estampille, difficilement lisible, au haut du revers du montant droit, dans l'épaisseur du placage. Du reste, le décor de bronze a vraisemblablement été complété dans l'atelier de Riesener, afin d'harmoniser quelque peu la livraison : ainsi le cul-de-lampe à « feuilles d'ornement », désigné dans le Journal sous le terme de « rainceaux », figure également sur la commode, conservée en collection privée. En revanche, contrairement aux termes du Journal , le secrétaire ne comporte pas de sabots.

On serait tenté de croire que la mention des sabots a été par erreur portée à la description du secrétaire car elle est omise de celle de la commode qui en est pourtant pourvue ! Mais la simplicité même de la commande révèle le caractère transitoire de cet ameublement : un peu plus d'un an après sa livraison, l'ensemble était démembré la commode est envoyée au château de Saint-Cloud le 11 juillet 1785 et remplacé par un mobilier beaucoup plus riche qui n'a pas encore été identifié. L'acquisition du secrétaire à abattant marque une étape importante dans le remeublement de la chambre dont le volume a été recréé en 1982-1983. Grâce au don de Mme Wrighsman par l'intermédiaire de la Versailles Foundation en 1990, le château a pu acquérir la coiffeuse ou toilette « de campagne » qui avait été livrée par Riesener dès le 3 février 1784, et enregistré sous le n° 3318 (inv. V 5342) meuble simple auquel l'ébéniste avait dû assortir le secrétaire quelques mois plus tard comme l'avait spécifié la commande.

B. R.

 

BIBLIOGRAHIE

Pierre Arizzoli-Clémentel, « Les « Amis de Versailles » et l'enrichissement des collections - Première partie », Versalia n° 2, 1999, p. 22, fig. 12.